dimanche 23 octobre 2016


LE RÍO DE LA PLATA


La couleur et la largeur sont les deux caractéristiques qui distinguent le fleuve le plus remarquable de l’Argentine, le Rio de la Plata, dont le nom signifie « fleuve de l’argent ». Ce fut l’écrivain argentin Leopoldo Lugones qui cristallisa en 1910 l’expression « río color de león » (fleuve couleur de lion) en parlant de ce fleuve qui, avec ses 219 km, est le plus large du monde. 

Il s’agit d’un fleuve mais aussi d’un estuaire formé par la confluence des fleuves Paraná et Uruguay qui descendent du nord-est du pays. La figure que dessine son débit est triangulaire et terreuse, fondamentalement à cause de son fond vaseux. Des chansons populaires argentines parlent de la profondeur boueuse du fleuve, autant que de sa bravoure, de ses vents changeants et tourmentés (de la sudestada au pampéro) et de son flot embrouillé.

C’est par le Rio de la Plata que des navigateurs étrangers sont arrivés en terre argentine. Ce fut probablement Américo Vespucio en 1501 (ou Juan Díaz de Solís en 1516, selon les différentes versions) le premier européen à explorer ses flots. Le fleuve est le passage qui a scellé notre sort, Borges le dit comme personne « ¿Y fue por este río de sueñera y de barro que las proas vinieron a fundarme la patria ? » (Et ce fut par ce fleuve de rêverie et de boue que les proues vinrent fonder la patrie ?). Le rythme du fleuve inspire la culture rioplatense, l´esprit des humbles pêcheurs, le courage des navigateurs, le dynamisme du port commercial…        

En allant du nord-ouest au sud-est, le Rio de la Plata relie géographiquement des régions qu’il divise politiquement : les côtes de l’Uruguay et les côtes argentines sont arrosées par ses eaux d’argent brunâtre.

Auteure: María Paula Salerno



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire