LE PATO
Les gauchos furent les premiers à jouer au pato, sport purement argentin dont le
nom signifie «canard». A l'époque, le jeu opposait deux équipes de
cavaliers : un joueur de chaque équipe devait tirer sur les poignées d'un
sac en cuir contenant un canard jusqu'à ce que l'un d'eux lâche prise. Le
vainqueur du duel devait alors partir au galop, devant l'équipe adverse
qui le poursuivait armée de fouets. Le
sport étant dangereux, il fut interdit en 1882.
Il fut toutefois
relancé dans les années 1930 avec de nouvelles règles qui sont sensiblement les
mêmes qu´aujourd´hui : deux équipes de quatre cavaliers doivent tenter de
lancer le Pato dans le panier de
l'adversaire, à l'autre bout d'un grand terrain en herbe. Le pato d´aujourd´hui est un ballon de cuir
à six poignées de la dimension d´un ballon de football. Les chevaux utilisés
sont appelés des chevaux criollos.
Les cavaliers se font des passes afin d´atteindre le panier adverse. Il existe
des règles strictes durant les courses et lors de la saisie du pato.
L´élément
caractéristique du jeu est la cinchada,
la saisie du ballon au sol. Elle est sujette à des galops extraordinaires.
Elle s´effectue toujours avec la main
droite, l´autre main restant accrochée aux rênes car le cavalier n´a pas le
droit de s´aider de sa selle. Il doit par contre, une fois le pato en main, tendre son bras droit afin
de l´« offrir » à son adversaire, que le pato reste à portée de main de l´adversaire, en d´autres termes, ne
pas refuser le combat. Ne pas « offrir » le pato s´appelle une negada et constitue une
infraction.
Le premier
tournoi de pato a eu lieu en 1941 et
les premiers vainqueurs furent les Corrales. En
2015, ce sont les Mochitos qui ont
remporté le tournoi, pour la troisième fois en quatre ans. Le club le plus
titré est celui des Barrancas del Salado,
un club du quartier porteño de Belgrano, avec 15 titres entre 1968 et
2005.
Le pato s´est exporté dès 1930 en France
par l´intermédiaire d´un militaire de l´armée française, le général Clave, qui
modifia certaines règles pour donner naissance au horseball. En Afghanistan, le buzkashi, issu du pato,
garde un aspect ancestral. Les tchopendoz, c’est-à-dire les
cavaliers, sont au nombre de dix par équipe et doivent rapporter une tête
d´animal fraîchement décapitée hors des limites du terrain.
Auteur :
Adrien Bisson
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