dimanche 23 octobre 2016


LE PATO

Les gauchos furent les premiers à jouer au pato, sport purement argentin dont le nom signifie «canard». A l'époque, le jeu opposait deux équipes de cavaliers : un joueur de chaque équipe devait tirer sur les poignées d'un sac en cuir contenant un canard jusqu'à ce que l'un d'eux lâche prise. Le vainqueur du duel devait alors partir au galop, devant l'équipe adverse qui  le poursuivait armée de fouets. Le sport étant dangereux, il fut interdit en 1882.

Il fut toutefois relancé dans les années 1930 avec de nouvelles règles qui sont sensiblement les mêmes qu´aujourd´hui : deux équipes de quatre cavaliers doivent tenter de lancer le Pato dans le panier de l'adversaire, à l'autre bout d'un grand terrain en herbe. Le pato d´aujourd´hui est un ballon de cuir à six poignées de la dimension d´un ballon de football. Les chevaux utilisés sont appelés des chevaux criollos. Les cavaliers se font des passes afin d´atteindre le panier adverse. Il existe des règles strictes durant les courses et lors de la saisie du pato.

L´élément caractéristique du jeu est la cinchada, la saisie du ballon au sol. Elle est sujette à des galops extraordinaires. Elle    s´effectue toujours avec la main droite, l´autre main restant accrochée aux rênes car le cavalier n´a pas le droit de s´aider de sa selle. Il doit par contre, une fois le pato en main, tendre son bras droit afin de l´« offrir » à son adversaire, que le pato reste à portée de main de l´adversaire, en d´autres termes, ne pas refuser le combat. Ne pas « offrir » le pato s´appelle une negada et constitue une infraction.

Le premier tournoi de pato a eu lieu en 1941 et les premiers vainqueurs furent les Corrales. En 2015, ce sont les Mochitos qui ont remporté le tournoi, pour la troisième fois en quatre ans. Le club le plus titré est celui des Barrancas del Salado, un club du quartier porteño de Belgrano, avec 15 titres entre 1968 et 2005.

Le pato s´est exporté dès 1930 en France par l´intermédiaire d´un militaire de l´armée française, le général Clave, qui modifia certaines règles pour donner naissance au horseball. En Afghanistan, le buzkashi, issu du pato, garde un aspect ancestral. Les tchopendoz, c’est-à-dire les cavaliers, sont au nombre de dix par équipe et doivent rapporter une tête d´animal fraîchement décapitée hors des limites du terrain.
 

Auteur : Adrien Bisson

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